Herbert Geschwind

Herbert Geschwind, né à Vienne (Autriche) le 3 décembre 1930 est un médecin français.

Docteur et HDR en Médecine, il est spécialisé en Cardiologie clinique et en cardiologie interventionnelle après avoir obtenu le Certificat de Spécialisation dans cette discipline. Après avoir assuré la direction de l’Unité d’hémodynamique et de cardiologie interventionnelle au CHU Henri Mondor de Créteil à l’Université de Paris XII devenue UPC Val de Marne, il s’est consacré à l’éthique. C’est dans ce contexte, qu’il a soutenu une thèse de sociologie à l’EHESS, intitulée « spiritualité chez les soignants de la médecine palliative » puis de philosophie politique et d’éthique à l’Université Paris-Sorbonne intitulée « Éthique des soins palliatifs » qu’il a été invité à présenter un rapport sur l’éthique médicale devant une après avoir été auditionné par une commission sénatoriale dirigée par Lucien Neuwirth.

   Travaux

  1. Les fondements de la recherche

Psychanalyse : elle était à la mode au moment où j’ai envisagé une carrière de chercheur en médecine. Je ne me sentais armé ni scientifiquement ni psychologiquement pour assurer cette mission. Le recours à ce procédé d’investigation des processus psychiques, qui autrement sont à peine accessibles, à cette méthode de traitement des troubles névrotiques ou psychotiques, qui se fonde sur cette investigation, également nommée la cure psychanalytique, cette série de conceptions ayant trait au psychisme, acquises par ces moyens et qui fusionnent progressivement en une discipline scientifique nouvelle selon les définitions données par Freud lui-même me paraissait indispensable. C’est dans cette optique que je me suis engagé dans cette voie non sans mal à une époque où des responsabilités avaient été prises pour assurer la conduite et les initiatives d’une organisation qui exigeait rigueur, initiatives, gestion et gouvernance. De Laboratoire d’hémodynamique au sein du service de physiologie de l’Université Paris XII il est devenu département de Cardiologie interventionnelle auquel a été joint un département d’enseignement et de recherche d’éthique. Son rôle de soutien moral et éthique paraissait indispensable à son créateur pour éviter, tout au moins réduire au minimum les dérives possibles à la suite des essais cliniques, innovations et recherches inhérents au programme de cette entité.

  1. La lumière des lasers

Ses travaux de recherche ont été consacrés aux possibles applications des lasers pour   désobstruer les artères coronaires occluses par les plaques d’athérome, d’abord en France sur le site du Laboratoire d’Hémodynamique puis aux États-Unis, à l’Université de Saint Louis, dans l’état du Missouri où il a publié plusieurs articles en anglais dans la presse médicale américaine au cours de son séjour de 1985 à 1987. Rentré en France, il se consacre à la poursuite de ses recherches dans le domaine de l’éthique médicale où il occupe les fonctions de Président et de Membre du Comité d’Éthique de l’Hôpital Henri Mondor. Sa formation de clinicien et de spécialiste en éthique le conduit à s’intéresser au domaine des soins palliatifs et de la médecine en fin de vie. C’est dans cette mouvance qu’il soutient une thèse de Doctorat à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) en février 2004 sur la « Spiritualité des soignants en soins palliatifs ». Pour approfondir ses connaissances et sa culture dans ce domaine placé entre médecine et philosophie, il prépare une thèse de doctorat à l’Université Sorbonne Paris IV qu’il soutient en 2015. A cette occasion il propose de modifier la vision de la médecine palliative en intégrant dans son application la notion de care. Cette philosophie du soin permet de globaliser les préoccupations des soignants envers leurs patients et de rechercher une voie rationnelle et médicalement peu agressive. L’intrusion dans l’espace entre vie et mort lui permet de se livrer à une méditation sur le mourir et de chercher les voies les plus efficaces pour apporter une aide au « bien mourir ». Même si cet objectif peut paraître utopique, il mérite que les soignants et aidants s’y consacrent avec une réflexion appropriée. Cette autre voie d’investigation sera d’autant plus fructueuse que l’accompagnement des personnes vulnérables s’inscrit dans une mission éthique qui rassure. Elle diminue l’angoisse et permet d’aborder l’ultime tranche de vie et de la vieillesse avec une sérénité renforcée par le langage, arme ultime du soignant quand le contrôle de la douleur résiste à la pharmacologie sinon à l’euthanasie. Ayant créé le Département d’enseignement et de recherche à l’Université Paris XII[1], il a cherché à mettre cette structure au service de l’Espace éthique de l’AP-HP[2] en s’intégrant à son action et en lui offrant les services de ses réflexions et de son expérience acquise au contact de la recherche et des réactions des malades[3]. Cette démarche a permis de sortir du cadre trop restreint des modalités de soins aux malades et mourants pour en étendre la pensée aux domaines plus généraux de la recherche, de l’épidémiologie et de l’agir au sein de l’établissement hospitalier[4]. Ce dernier est souvent ou trop souvent précédé d’une exploration par l’imagerie devenue la pierre de touche du diagnostic[5]. Voir est une réalité qui n’a besoin d’aucune certification pour être reconnue comme telle. Est-ce que c’est la chose en soi comme l’appelle Kant, la totalité du savoir humain, le donné, le contenu de notre expérience, ou encore l’immédiat ? Le médecin, le chercheur a voulu savoir ce qui se passait dans le corps humain lorsqu’il était frappé par la maladie.

  1. Voir

Sa curiosité était aiguisée par le désir de regarder les organes pour y détecter les anomalies responsables de l’affection. Il a d’abord vu le corps en transparence par les Rayons X puis par le scanner enfin par l’IRM avant de l’examiner par la vision directe. Cette technique est devenue l’endoscopie et plus spécialement pour le cœur et les vaisseaux l’angioscopie. Elle s’est développée grâce aux propriétés des faisceaux de fibres optiques. Leur finesse permet de les insérer dans les minuscules artères du cœur pour y déceler les dégâts causés par les plaques d’athérome formées par l’excès de graisse provenant des formations de calcaire et de cholestérol[6]. C’est en raison de l’intérêt porté par la culture japonaise en général et en particulier pour la recherche médicale que mon nom figure dans l’Editorial Board de « l’International Heart Journal » édité à Tokyo.

  1. Bilans

Au terme de la brève période d’essais cliniques et surtout expérimentaux, leur bilan a été réalisé plus tardivement pour permettre de bénéficier d’un certain recul par rapport aux espoirs qui avaient été placés dans les méthodes d’ablation des plaques athéromateuses. Elles devaient être détruites plus que repoussées par l’irradiation pulsée des lasers. La déception a été confirmée dans la mesure où les lésions infligées à la paroi artérielle par les ondes de choc provoquées par les lasers pulsés induisaient, sinon favorisaient et accéléraient le processus de rétrécissement artériel. Ce mécanisme s’est avéré plus intense après irradiation par laser qu’au décours de l’angioplastie par ballonnet[7]. Devant ces résultats, la préoccupation des chercheurs s’est focalisée moins sur la technique de désobstruction que sur les caractéristiques du support vasculaire sur lequel les divers outils de désoblitération devaient et pouvaient agir[8]. Elle s’adressait aussi à la difficulté de trouver le modèle permettant de simuler les effets de l’instrumentation sur la cible choisie pour évaluer les effets du « tir » laser. D’où la prise de distance vers une vision plus large de la biologie où compte était tenu de la complexité des mécanismes de régulation des gènes et de leur expression, en particulier dans les territoires devenus les objectifs vasculaires au niveau desquels devaient se produire les remaniements anatomiques et fonctionnels produits par les rayonnements laser. D’où un éloignement de la focalisation du microscopique vers des horizons susceptibles de mêler stratégie, politique et éthique.

Bibliographie

  1. Revue de presse internationale – Assistance médicale au suicide, euthanasie: état de la réflexion / in La lettre de l’Espace Ethique, N° 2-3 (Printemps-été 1997)
  2. La recherche médicale, l’industrie, la loi et l’éthique. Espace éthique, la lettre. N° 12,13, 14. Été-automne-2000.
  3. Le sida dans les pays en développement : faut-il mener des essais thérapeutiques randomisés contre placebo ? Hiver 97- printemps 98, 99.
  4. La décision médicale au quotidien à l’Hôpital. Groupe thématique Miramion. Pr. J.B. Paolaggi et Herbert Geschwind.
  5. Imagerie médicale. Chapitre XIV. Introduction. L’approche clinique. p 426-429. Éthique et soins hospitaliers. Espace éthique. Travaux 1997-1999. Doin éditeurs.
  6. Angioscopy after laser and balloon coronary angioplasty. Fabrice S. Larrazet, MD; Patrick J. Dupouy, MD; Jean-Luc Dubois Rande, MD; Akira Hirosaka, MD; Jan Kvasnicka, MD; Herbert J. Geschwind, MD, FACC. J Am Coll Cardiol. 1994;23(6):1321-1326. doi:10.1016/0735-1097(94)90373-5
  7. Herbert Geschwind, MD, FACC; Monique Fabre, MD; Bernard R. Chaitman, MD, FACC; Marc Lefebvre-Villardebo, MD; Aliette Ladouch, MD; Georges Boussignac, MD; John D. Blair, MD; Harold L. Kennedy, MD, FACC Histopathology after Nd-YAG laser percutaneous transluminal angioplasty of peripheral arteries J Am Coll Cardiol. 1986;8(5):1089-1095. doi:10.1016/S0735-1097(86)80386
  8. Geschwind  H, Boussignac  G, Teisseire  B; Percutaneous transluminal laser angioplasty in man (letter). Lancet. 1 1984:844
  9. Geschwind  H, Boussignac  G, Teisseire  B, Benhaiem  N, Bittoun  R, Laurent  D; Conditions for effective Nd-YAG laser angioplasty. Br Heart J. 52 1984:484-489.
  10. Geschwind  HJ, Teisseire  B, Boussignac  G, Vieilledent  C; Transluminal laser angioplasty in man. Semin Interventional Radiol. 3 1986:31-36.
  11. Herbert J. Geschwind, MD, FACC; John D. Blair, MD; Dhanasarn Mongkolsmai, MD; Morton J. Kern, MD, FACC; John Stern, MD; Ubeydullah Deligonul, MD; Harold L. Kennedy, MD, FACC; Stephen Smith, BA Development and experimental application of contact probe catheter for laser angioplasty J Am Coll Cardiol. 1987;9(1):101-107. doi:10.1016/S0735-1097(87)80088-8
  12. Spears JR, Spokojny AM, Marais HJ; Coronary angioscopy during cardiac catheterization. … Nakamura F, Kvasnicka J, Uchida Y, Geschwind HJ. Angioscopy after laser and balloon coronary angioplasty.
  13. Fabrice S. Larrazet, MD; Patrick J. Dupouy, MD; Jean-Luc Dubois Rande, MD; Akira Hirosaka, MD; Jan Kvasnicka, MD; Herbert J. Geschwind, MD, FACC Angioscopy after laser and balloon coronary angioplasty J Am Coll Cardiol. 1994;23(6):1321-1326. doi:10.1016/0735-1097(94)90373
  14. 14. Serruys P. Mario di C., Piek J. Bruyne B., Fleck E., Geschwind H., Peels H.O., Ford Jr, A. Boersma E. Prognostic Value of Intracoronary Flow Velocity and Diameter Stenosis in Assessing the Short- and Long-term Outcomes of Coronary Balloon Angioplasty: The DEBATE Study (Doppler Endpoints Balloon Angioplasty Trial Europe)
  15. Geschwind, Herbert J. Great expectations and Disappointment with Laser Angioplasty The American journal of cardiology (New York, NY : Elsevier), Vol. 72, No. 3 (1993), p. 372
  16. Geschwind H. Lasers, The Physician, and the Vessels. Journal of Biomedical Optics (Bellingham, Wash. : SPIE), Vol. 2, No. 4 (1997), p. 347-349
  17. Geschwind, Herbert J. Progress in Interventional Cardiology: 3rd International Congress on Coronary Artery Disease From Prevention to Intervention J. of Interventional Cardiology : 14, 1 (2001) p. 125-126.
  1. Effects of Pulsed Lasers on Agar Model Simulation of the Arterial Wall. Masakatsu A., Kvasnicka J. Geschwind H. J. Lasers in Medicine and Surgery. 13, 4 (1993) 405-411
  2. Angioscopy after Laser and Balloon Angioplasty
  3. Angioscopy Variables Predictive of Early Angiographic Outcome After Excimer Laser-Assisted Coronary Angioplasty